Manger sainement, avec plaisir, tout en préservant la planète : un défi insurmontable ? Épisode 1

panier bio

Alors que nous n’avons jamais eu autant d’aliments à notre disposition, au moins en occident, il n’a jamais été aussi compliqué de manger. Entre les recommandations officielles, les pratiques douteuses de l’industrie révélées à l’occasion de scandales de plus en plus fréquents et les travaux de recherche dont les résultats se contredisent, on ne sait plus à quel saint se vouer.

Ce n’est pas faute d’avoir passé du temps à essayer de bien faire. En bonne élève, j’ai compilé des tas d’informations pour me faire ma propre religion en me basant sur quelques principes de base :

  • Manger pour être en bonne santé le plus longtemps possible,
  • Manger des plats appétissants,
  • Manger de manière éthique.

C’est comme ça que je me retrouvais en fin de semaine, au moment où je préparais la liste des courses, à ne pas savoir que mettre au menu des jours suivants tellement il y a de paramètres à prendre en compte.

J’ai finalement décidé de repasser en revue, une bonne fois pour toutes, les diverses informations à ma disposition, afin d’élaborer quelques règles simples et ainsi arrêter de me prendre la tête. Les voici :

1. Privilégier les aliments bruts et cuisiner soi-même

La lecture de la composition de produits préparés que l’on trouve au supermarché a parfois de quoi donner des hauts-le-cœur : des tas d’ingrédients qui ne sont pas des aliments comme les additifs (ex: E150, E110, E112 … ) qui sont difficiles à décrypter pour des néophytes. Sans parler des  matières premières de médiocre qualité (ex : du gras et de la raclure d’os dans les steaks hachés), de l’emploi exagéré du sel, du sucre ou d’huile de palme, ni des résidus de pesticides dans les fruits et légumes ou d’antibiotiques donnés aux animaux d’élevage qui ne sont bien sûr pas mentionnés sur les étiquettes. Le témoignage d’un ancien cadre de l’agroalimentaire, Christophe Brusset, sur les pratiques du secteur est à cet égard édifiant : ‘Vous êtes fous d’avaler ça’ .

Même s’il ne faut jeter le bébé avec l’eau du bain – les produits sous label rouge par exemple répondent à un cahier des charges exigeant – je pense que nous avons autre chose à faire de notre temps que de jouer aux détectives pour comprendre les produits alimentaires que nous achetons.

Comme la confiance n’est pas/plus au rendez-vous, pas besoin d’en rajouter : ces produits ne font quasiment plus partie de notre vie. Il nous arrive encore d’acheter des plats préparés chez le traiteur, ou un gâteau chez le pâtissier, mais ce n’est pas le cœur de notre alimentation.

Privilégier les aliments les plus bruts possibles et cuisiner tous les jours sont finalement les seuls moyens d’arriver à contrôler de ce que nous mangeons sans se prendre la tête. Sans compter que c’est finalement très plaisant et très relaxant de cuisiner.

2. Manger 5 fruits et légumes par jour, de préférence bio

Voilà une recommandation qui n’a finalement pas été trop difficile à suivre : au minimum un légume par repas principal et, sauf rare exception, le dessert est toujours constitué d’un fruit. Idéalement, il faudrait le consommer entre les repas pour des questions de digestion, mais ce n’est pas toujours possible. Et puis noix, amandes et noisettes sont à volonté dans la cuisine, idéal pour combler un petit creux. Quant au petit-déjeuner, je suis devenue accro au jus de grenade.

Pour préserver au mieux son capital santé, le Dr Richard Béliveau, chercheur canadien qui s’est spécialisé dans la recherche sur le cancer sous l’angle de la prévention alimentaire, suggère de privilégier certains fruits et légumes (environ 400 g par jour). Comme ses recommandations sont pleines de bon sens, nous essayons de les suivre, même si la consommation régulière de choux ne nous enthousiasme pas du tout.

Il recommande principalement les produits suivants qui sont très faciles à trouver pour l’essentiel :

  • Légumes : ail, oignon, échalote, ciboulette, poireau, les différents choux, brocoli, chou-fleur, radis, navet, cresson, roquette, carotte, courge, épinard, tomate, champignon ;
  • Fruits : petits fruits (même surgelés) comme les framboises, fraises et bleuets (jamais trouvé chez nous), la grenade, les agrumes (plutôt entiers qu’en jus) ainsi que les différents types de noix, amandes, noisettes, pistaches.

Il y a quelques années, croyant bien faire, j’achetais essentiellement mes fruits et légumes bio au supermarché. Je me suis rendu compte qu’ils ne portaient souvent aucune indication d’origine, sauf pour l’ail qui venait tout droit de Chine ou d’Argentine ! Faire venir du bout du monde un produit qui qui pousse dans n’importe quel potager chez nous, c’est complètement aberrant. Je suppose que le reste des produits doit aussi être importé puisqu’on trouve sur les étals des courgettes, des poivrons ou des tomates emballés (jamais en vrac) toute l’année, même en Belgique. Et puis pourquoi, dans une chaine de supermarchés que je ne nommerai pas, quasiment tous les fruits et légumes bio sont rangés dans les rayons réfrigérés (y compris les oranges) ?

Un excellent reportage sur le bio low cost a récemment été diffusé en France (France 5) et en Belgique (RTBF). Le bio low cost respecte bien le cahier des charges européen qui permet d’apposer le label bio sur les produits car ces derniers ne contiennent pas de pesticides, mais l’esprit bio n’est pas du tout respecté. Le reportage  met notamment en avant le médiocre bilan carbone de cette production destinée à la grande distribution du fait de l’importation des produits et de la production dans des serres chauffées (par exemple en Andalousie), ce qui permet d’offrir des tomates toute l’année. Sans oublier le manque d’éthique : les conditions de travail des employés de ces grandes exploitations, notamment des immigrés en situation précaire, sont lamentables. ‘Le bio légal n’est pas forcément un bio éthique’ !

Maintenant, nous achetons nos légumes sous forme d’un panier hebdomadaire, ou en vrac, auprès d’Agricovert une coopérative au service de producteurs écologiques basée en Wallonie. C’est parfois l’occasion de découvrir des légumes nouveaux pour nous comme des haricots verts de couleur noire, de la mizuna, des carottes de toutes les couleurs ou du chou rave.  Nous n’avons pas pris la formule abonnement en raison de nos fréquentes absences professionnelles (j’ai déjà dû jeter des légumes faute de pouvoir les cuisiner à temps, un comble !).  Nous achetons aussi des fruits et légumes dans notre magasin bio, Färm qui annonce 70% de fruits et légumes originaires de Belgique (je boycotte quand même leurs tomates vendues au mois de décembre) et les fruits rouges en hiver chez Picard. Et puis, à chaque fois que nous rentrons de Bretagne, nous rapportons une pleine caisse de produits du potager parental. Lors de notre dernier séjour, nous avons ainsi rapporté des potimarrons, des butternuts, plusieurs variétés de pommes de terre et de pommes (absolument non traitées) et des noix.

La suite dans un prochain article…..

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