Manger sainement, avec plaisir, tout en préservant la planète : un défi insurmontable ? Épisode 2

vache

3. Limiter la consommation de viande

J’ai grandi dans un petit village de la campagne bretonne, pas très loin de la mer. La viande, produite localement, était souvent au menu familial. Je n’ai jamais vu mes parents acheter de la viande au supermarché.

Tous les jours, je voyais des vaches aller au pré brouter de l’herbe et ne rentrer à l’étable que pour la traite. Elles avaient l’air heureuses, mais je sais que certaines vaches élevées dans mon village natal n’ont pas vu un seul brin d’herbe de leur vie et ne quittent jamais l’étable. Je me souviens aussi de poulets dans quelques petits poulaillers familiaux qui picoraient toute la journée à l’extérieur dans un enclos fermé (notamment à cause des renards) avant de rentrer dormir sur leurs perchoirs. Quand je rends visite à mes parents, j’entends encore parfois le coq chanter au loin, mais plus personne dans leur environnement immédiat n’a de poulailler.

Pendant très longtemps, je ne me suis pas posé de questions sur la viande que je consommais, sans doute parce que j’avais toujours en tête une image quasi idyllique des élevages. Mais à moins de vivre loin de tout, il est aussi devenu difficile d’ignorer les conditions dans lesquelles est produite la viande qui arrive dans notre assiette.

Dans la plupart des cas, la viande vendue dans le commerce est le pur produit d’un processus industriel qui va de l’élevage à l’abattage, au détriment du bien-être des animaux, de notre santé et de l’avenir de la planète. L’industrialisation de l’élevage s’est accompagnée de pratiques douteuses : poulets de chair élevés sans accès à l’extérieur, poules pondeuses et lapins élevés en batterie dans des cages, cochons sur caillebotis et sans litière, sans oublier les mutilations pratiquées pour que les animaux puissent vivre dans des élevages surpeuplés (becs des poulets amputés, queues et dents des cochons coupés).

Et puis, comment rester indifférent aux conditions d’abattage régulièrement dénoncées par l’association L214  du nom de l’article du code rural qui traite de la sensibilité animale. J’ai vu tuer des poulets et des lapins quand j’étais enfant à la campagne, ainsi d’ailleurs qu’un cochon à l’occasion d’une fête locale (le cri du cochon qui sent qu’on va le tuer, je ne l’ai pas oublié, ni non plus l’odeur de ses poils grillés au chalumeau !). Je croyais être plutôt blindée, mais la vue des images tournées par l’association dans certains abattoirs m’a révulsée. C’est vrai que pour pouvoir manger des animaux, il faut bien les tuer. Et peu importe à ce moment-là que leur vie ait été douce ou pas. Mais il y a quand même des limites à la barbarie !

Et comment ne pas oublier non plus l’impact du développement des élevages industriels sur l’environnement. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) rappelle régulièrement que l’élevage est l’une des causes principales des problèmes d’environnement les plus pressants, à savoir le réchauffement de la planète, la dégradation des terres, la pollution de l’atmosphère et des eaux et la perte de biodiversité.

Et puis, cerise sur le gâteau, il est aujourd’hui démontré qu’une trop grande consommation de viande, notamment rouge (bœuf, veau, porc, mouton, agneau, cheval), est néfaste pour la santé car elle contribue au développement de maladies cardiovasculaires et de certains cancers. Sans oublier certains modes de préparation (charcuterie) et de cuisson (grillades) qui aggravent les risques.

Pas facile de se sentir à l’aise face à tout cela, ni de prendre des décisions justes. Nous avons, pour l’instant, quand même choisi de rester omnivores, mais la viande n’est plus tout au cœur de notre alimentation (1 à 2 fois par semaine au maximum). Nous privilégions les circuits d’approvisionnement courts (Agricovert et Coprosain) sans toutefois pouvoir vérifier ce que sont les pratiques d’abattage. Peut-être que nous nous donnons ainsi bonne conscience un peu trop facilement. Mais il nous semble que si nous étions nombreux à faire de même, cela aurait déjà un impact sur les pratiques dans ce secteur.

A suivre….

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